Le couple : des plaisirs ou déplaisir…

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A la question : « qu’évoque pour vous le terme plaisir ? », nombreux couples se situent en référence à la sexualité.

Même si effectivement et j’y reviendrai, il semble difficile d’éviter ce corolaire, ne pourrait-on pas y voir aussi une notion de plaisirs, plurielle?

Le plaisir de :

- se regarder

- se découvrir

-se sentir soutenu dans les moments difficiles

-de partager dans un cadre communicationnel mais aussi des activités, des valeurs communes ou autres..

-d’offrir

-d’être simplement à l’autre…

-etc…

La notion de plaisir renvoie aussi au fait d’être déjà bien avec soi même, afin d’être au mieux avec l’autre (le conjoint)…et les autres (lorsqu’il y a des enfants).

Pourrait-on imaginer un couple où l’un des protagonistes dirait son amour, sans jamais témoigner du plaisir d’être avec lui ?

En matière de sexualité, le plaisir n’est pas à situer uniquement au plan de la jouissance ou de l’orgasme.

Le plaisir sexuel peut être cette relation partagée, dans un « don » ou l’on s’accepte tel que l’on est, et où l’on accepte le partenaire tel qu’il est.

Cela suppose aussi d’apprivoiser les pulsions, parfois les fantasmes qui peuvent animer les personnes et qui sont en lien avec le désir… Ainsi, existe-t-il les pulsions partielles…

On y trouve :

> le sadisme

>le masochisme

>l’exhibitionnisme

> le voyeurisme

Ces dernières sont inhérentes à toute condition humaine, notamment en regard de l’acte sexuel. Elles sont dites « partielles » car lorsque celles-ci ne sont plus gérées par la personne voire s’exacerbent, la pratique sexuelle peut alors devenir perversion ou paraphilie (a côté de l’amour étymologiquement).

Ainsi, la dimension voyeuriste dans la relation charnelle passe par une acceptation du couple à se voir nu. Combien déjà, dès cette notion, des barrages peuvent exister…notamment les personnes qui refusent par exemple la lumière durant l’acte par crainte du regard.

L’exhibitionnisme, quant à lui invite la personne à laisser dévoiler son corps qui va être soumis au regard du partenaire.

Faut-il là aussi accepter les non-perfections…

Chez les hommes cela pourra être « les poignets d’amour », « le ventre », chez les femmes : « les hanches », « les fesses »…

En somme il y a toujours à redire…Comme si Apollon était sur terre!

Le sadisme ou le masochisme convoquent quant à eux l’instinct primaire sexuel, à savoir un côté animal que tout Homme possède, assujetti bien sûr à la dimension cognitive et affective ou émotionnelle….qui complètent la sexualité humaine.(par exemple : le plaisir de serrer fort son partenaire…certains le demandent etc…)

C’est ainsi, que prendre conscience de ces diverses dimensions, peut permettre la levée d’inhibitions, de hontes ou de culpabilités dans le couple.

En outre, la communication sur ce thème peut permettre un épanouissement, et l’éviction de nombreux tabous…dans la mesure où l’acte reste dans un vécu de respect mutuel.

Il est à noter, que la sexualité n’est en réalité que peu abordée dans le couple… En fonction de l’éducation reçue, des injonctions parentales, des valeurs de chacun, des représentations, du poids sociétal, etc…la sexualité ne revêt pas la même dimension…

Mettre des mots, parfois se distancier d’une histoire familiale pour faire sienne son existence…peut permettre des découvertes sur soi qui n’auraient pu être imaginées.

S’autoriser à être… à penser… à agir… et ce, même en sexualité peut être source de grand épanouissement…

Cela passe par de la complicité et de la connivence dans le couple, de l’humour, des mots… et se sentir bien dans le rapport à l’autre pour dire ce que l’on apprécie ou au contraire ce qui reste plus difficile…

Cela nécessitera écoute et respect de la parole donnée et reçue donc de la personne…

Il est aussi évident que la sexualité, ainsi que les attentes évoluent en fonction de l’âge, des personnes, et des années de vie de couple…

Mais, le plaisir sexuel n’est pas sans lien avec les autres notions évoquées en préambule.

Ainsi, même si certains couples arrivent à faire la « paix au lit » ou, que même dans certaines crises conjugales, seule la sexualité subsiste…les petits plaisirs « gâchés », les rancœurs, les dévalorisations et les reproches cumulés…vont peu a peu abraser la relation jusqu’à l’intimité même, pouvant ainsi générer le déplaisir…

En ce sens, dans le couple, sans idéaliser la relation qui connait toujours des hauts et des bas, ne pourrait-on pas évoquer de poser comme postulat la notion de « plaisirs » au pluriel? …pouvant participer ou contribuer au bonheur, à l’épanouissement et ce, jusque dans l’intimité de la relation sexuelle…qui risque de demander un minimum de connaissance de soi, puis de l’autre et nécessite dialogue et aussi réajustements…

Cela suppose aussi d’utiliser la bienveillance, le non jugement et l’humour, car il est parfois délicat d’aborder ce thème qui peut être vecteur de complexes, de culpabilités ou de hontes surtout lorsqu’il peut y avoir des dysfonctionnements d’ordre sexuel ou en regard de certaines représentations…

Il n’y pas d’acquis dans la notion de plaisir, elle doit sans cesse se chercher et se cultiver … tout comme le couple…

Nicolas SAJUS©

Doctorant - chercheur

Psychanalyste -Conseiller conjugal et familial - Sexologue

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