La maladie d’amour…

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Michel Sardou en a fait une chanson…

Si de nombreux couples s’aiment et heureusement !!…. il existerait actuellement, certains dysfonctionnements voire déceptions ou ruptures, qui ne cesseraient de croître…

De ce constat, s’entendent certains mots :

> « ma seule joie dans ma vie, ce sont mes enfants »
> « jamais je ne pourrai aimer quelqu’un d’autre après ma séparation »
> « je lui ai tout donné et je me suis senti(e) trahi(e) »
> « Ma plus grande joie c’était lui/elle, plus rien ne m’accroche à la vie »

Ou, sous d’autres formes :

> « nous sommes ensemble, car cela m’évite d’être seul(e)
> « notre vie est en parallèle …mais au moins pour les enfants, cela donne une « image » »
> « nous vivons sans amour conjugal mais, ensemble, dans une grande amitié…et chacun est libre dans ses relations… »
Etc..

Il paraitrait évident qu’en percevant l’amour comme une dépendance, un attachement, l’évitement d’une solitude… la déception (au travers de la séparation ou du divorce) ne pourrait être vécue que comme un effondrement complet de la personne pouvant aller jusqu’ à la tentative de suicide ou au suicide.

Cette tendance semblerait très marquée de nos jours, notamment chez les couples les plus jeunes.

Pour autant devrait-on poser la souffrance conjugale, l’amour sous le vocable de maladie ?

Ainsi la « conjugopathie » est le nouveau terme « barbare » à la mode qui risquerait de rentrer dans le nouveau DSM V à sortir prochainement (classification statistique des pathologies psychiatriques) et qui stigmatiserait les dysfonctionnements intra-conjugaux et ruptures dans un diagnostic….

Un autre point à interroger serait de savoir, si, parce qu’on a aimé une fois, cette capacité pourrait disparaitre de manière irrévocable. (d’où cette notion de maladie …)

Ainsi certains se questionnent en pensant :

> Puis je refaire confiance ?
> Est-ce possible de réinvestir à nouveau une relation ?
> Vais-je encore revivre une trahison ?

L’amour dans le couple convoquera toujours son lot de joies et de peines…qu’on le veuille ou non.

Il est évident qu’aujourd’hui la séparation est de plus en plus banalisée, car, affronter le conflit, essayer de le dépasser, n’est plus forcément dans les « mœurs ». En outre, il fait peur ou renvoi à des peurs…

Alors, on peut observer des personnes qui subissent leur vie dans une « dimension sacrificielle », ou d’autres, a contrario, qui changent de partenaires à chaque difficulté…

Il n’y a aucun jugement à avoir sur de telles attitudes, car elles appartiennent à la liberté de la personne qui pose ce choix, et répondent souvent à une histoire de vie personnelle.

Parfois les évènements amèneront à des remises en question de ce type de comportements…

Néanmoins, il faut aussi être lucide du fait, que certains dysfonctionnements intra conjugaux ne peuvent qu’aboutir à des séparations…et que ces mêmes dysfonctionnements peuvent générer parfois une symptomatisation au niveau des enfants lorsqu’il y en a.

Car OUI, le couple est un défi du quotidien, où rien n’est jamais acquis par avance !!!

Il y a certes des joies, des bonheurs, les enfants signes (en principe) de l’amour conjugal …mais il y a aussi des remises en question, des doutes, des peurs, des conflits…et parfois la séparation ne peut que s’imposer…tellement le vécu douloureux peut être grand, ainsi que l’incompréhension…c’est aussi une réalité dont PERSONNE n’a à être JUGE…

La notion d’amour ne se situe pas dans de l’intellect, de la connaissance, mais dans la dimension de «l’être » et de « l’être avec »…

Contrairement à ce que l’on voudrait faire croire, l’enfant reste toujours marqué par la séparation de ses parents…Ainsi, pourrait on penser comme le cinéma l’a mis en exergue que « génial mes parents divorcent » soit un titre bien approprié au réel d’une existence !

La rupture conjugale est aussi source de douleurs ,quand il n’y a pas la haine ou la violence qui ont pris le dessus…

Néanmoins, en cas de séparation, que ce soit pour les adultes ou pour les enfants, tout serait-il perdu ?

Ne serait-il pas judicieux de s’interroger sur certains discours :

> « J’ai tout donné »
> « Je suis incapable d’aimer à nouveau »
> « J’étais attaché à lui »
> « Il était mon « tout » »
> « on reste ensemble pour les enfants »

Que viendrait dire ces mots ?

Pourquoi la personne ne s’autoriserait-elle plus l’amour ?

Prendrait-on les enfants pour des « niais » ? Surtout lorsqu’on les retrouve quelques années plus tard disant : « de toute façon je ne sais pas pourquoi mes parents étaient ensemble, ils ne s’aimaient pas ! »

Que voudrait signifier l’ évocation du partenaire en terme de « TOUT »?

Pourquoi s’interdire de refaire confiance ?

En s’interrogeant sur la fonction du conjoint, surtout en regard d’une séparation qui sera vécue le plus souvent en terme d’échec, cela pourrait permettre de renouer de nouveaux rapports à la relation, en évitant ce que certains appellent : « une répétition… » :
« J’ai le sentiment de revivre toujours la même chose avec mes différents partenaires, de reproduire les mêmes choses… »

Dans un tel contexte ou l’on réaliserait que vivre en couple n’est pas aussi simple que l’on pourrait l’imaginer, il semblerait aussi important de lever certains tabous…de reconnaître des limites et de voir si l’aide d’un professionnel peut apaiser certains conflits ou aider à relancer le couple.
Mais le professionnel n ‘est pas un Dieu et n’accomplit pas des miracles…D’ailleurs il ne devrait être investi d’aucun devoir de réparation, si ce n’est d’accompagnement…

La notion d’amour ne peut se poser en terme de certitudes…

Aussi des blessures existent, et l’Homme a toujours la possibilité de rebondir s’il le souhaite, de potentialiser ses ressources…

Il en est de même pour les enfants, parfois de manière d’ailleurs beaucoup plus grande que l’adulte… car rien n’est jamais totalement perdu, même quand on a un « diagnostic psy » posé sur soi…ou son couple !
L’amour est au dessus d’un diagnostic !!… et même si l’on ne peut éviter les souffrances…il ne devrait pas se poser en synonyme de « maladie » qui ne peut être qu’un frein à la reconstruction d’une personne…

La notion d’amour échappera toujours à “la maîtrise” ou à l’empirisme scientifique médical ou psychologique…, car elle se situe au dessus d’un entendement humain….

Nicolas SAJUS ©

Doctorant-chercheur
Psychanalyste - Conseiller conjugal et familial - Sexologue

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