La dichotomie entre une dysfonction sexuelle (l’éjaculation précoce) et la relation de couple….

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L’éjaculation précoce est une thématique actuelle, où l’on trouve pléthore de renseignements ou conseils dans le cadre de : forums, blogs, presses en tout genre, émissions radios ou télévisées…

C’est l’un des motifs essentiels de consultation d’autant qu’il s’agit du trouble le plus présent chez l’homme au plan sexuel.

Il s’inclut dans ce que l’on appelle “la dysfonction sexuelle” chez l’homme…

Il n’existe pas forcément de définition acceptée : quelques secondes, quelques « va et vient »…

Il s’agit en réalité d’un trouble de l’excitation sexuelle mal géré.

Un rapport de 2002 évalue le temps moyen alloué à la pénétration vaginale lors d’une relation sexuelle, à une durée estimée entre 2 à 7 minutes et ne dépassant que rarement 10 minutes. (dans les sociétés contemporaines occidentales)

La notion reste très subjective, et, parfois des couples viendront consulter alors que la durée de l’acte pourrait être qualifiée de « normale »

Souvent, les réponses sexologiques sont d’ordre technique :

  • technique respiratoire
  • technique concernant les positions durant l’acte
  • technique sur la rééducation périnéale
  • technique manuelle : squeeze, stop and go, etc..
  • technique thérapeutique grâce à des traitements
  • etc…

Toutes ces techniques essentiellement comportementales englobant notamment les travaux de Master and Johnson (pères de la sexologie), laissent miroiter une résolution relativement simple et rapide  du problème lorsque certains exercices sont prescrits par le thérapeute.

Certains sexologues se targuent de résoudre ce trouble en quelques séances…

Loin de remettre en question ces techniques, qui peuvent s’avérer efficaces, il est important aussi de constater qu’elles répondent souvent à une demande sociétale du tout, tout de suite…

Pourtant, la réalité reste parfois bien plus complexe.

En effet, certains hommes pratiquent la technique un certains temps et arrêtent, d’autres sont réticents ou se lassent…

Le danger est souvent de percevoir la technique comme une solution miracle…

A l’issue, c’est parfois l’échec…

En France : 35 à 40 % d’hommes seraient concernés, aux Etats Unis 28 à 32 %.

L’éjaculation précoce devrait être évaluée dans le cadre d’une prise en charge holistique (globale) de l’homme.

Ainsi, la genèse du trouble peut être pluri factorielle :

  • 1 ère expérience sexuelle
  • Difficultés de communication dans le couple
  • Facteurs psychosociaux : l’état de stress en regard du partenaire, d’une activité professionnelle, l’éventualité d’un trouble axio dépressif
  • Dévalorisation narcissique
  • Peur de l’échec, de décevoir..
  • Traumatisme sexuel (l’abus notamment..)
  • Facteurs biologiques : certains hommes peuvent révéler une hypersensibilité du pénis liée au système nerveux sympathique et parasympathique….d’où l’utilisation de certains traitement qui inhiberaient l’éjaculation (neuroleptiques, certaines familles d’antidépresseurs : les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, ou les benzodiazépines)

Dans la prise en charge il pourra être important d’associer le partenaire et ainsi de d’assurer une sexothérapie conjugale

Il est important pour un couple :

  • de comprendre que le plaisir sexuel ne passe pas uniquement par la pénétration, qui est souvent un facteur de focalisation dans ce type de trouble.
  • d’apprendre à se découvrir
  • de pouvoir communiquer sur le vécu et les attentes concernant la sexualité
  • d’évaluer la relation de couple de manière globale: l’écoute, le soutien , la communication, le partage des tâches, l’éducation des enfants (lorsqu’il y en a), la gestion des conflits… en somme évaluer le cheminement dans un quotidien de vie….
  • de pouvoir être détendu et ne pas vivre l’acte en termes de compétition ou performance avec un objectif à atteindre
  • d’englober l’acte dans un contexte émotionnel favorable : tendresse, complicité, massages…
  • de dédramatiser et d’utiliser l’humour
  • De préparer des soirées « d’amoureux »…
  • Etc…

On est loin de la « pure » technique qui créerait une dichotomie entre sexualité et humanité.

L’éjaculation précoce se vit parfois  comme une honte pour l’homme et un rejet ou un abandon pour la femme. Durant l’acte, les appréhensions génèrent, non pas un NOUS conjugal dans une union sexuelle, mais au contraire, un vécu douloureux de part et d’autre…souvent non parlé et convoquant un grand sentiment de solitude et de frustration…l’un ayant eu un plaisir trop rapide…l’autre n’ayant pas eu le temps d’en avoir…

En ce « sens », il s’agira aussi pour l’homme d’apprendre à se connaitre, à avoir confiance en lui, à identifier son degré d’excitation en regard du partenaire et de pouvoir s’ajuster  avec le soutien d’un conjoint rassurant et non jugeant…

La sexualité nécessite inventivité et créativité…à DEUX !!!…

Elle doit s’inscrire en regard des désirs de chacun  et dans le questionnement d’un fonctionnement global du couple…

Loin d’être un facteur anxiogène ou la recherche d’une performance, l’acte sexuel  devrait rester un moment d’intimité, de complicité, de bonheur, de tendresse et de recherche d’un plaisir partagé…

Nicolas SAJUS©

Doctorant - chercheur

Psychanalyste - Conseiller conjugal et familial - Sexologue

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