La relation: « donner sans compter » ou compter sur quelqu’un pour donner ?…

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Le don dans la relation de couple et/ou familiale… ne serait-il pas une forme “d’essence” ?

Il ne s’agirait pas ici de notion de troc ou de mercantilisme…Ainsi, lorsqu’on achète un produit, on le paie et c’est fini…

Dans la relation humaine il existerait une circularité dans le donner et le recevoir qui formerait un échange relationnel…

Il est vrai que lorsque tout va bien, les échanges sont naturels et rien ne se questionne.
Mais, par la suite, peuvent arriver des sentiments d’iniquité, d’injustice, de colère voire de haine.
Sentiments qui ne sont parfois que le témoin d’un déséquilibre dans cette balance relationnelle du don et de la réciprocité du don…(« après tout ce que je t’ai fait … quelle ingratitude », « tu es injuste », « je l’ai aidé, voilà les remerciements » …)
On tient alors les comptes du don tel un bilan avec son actif et son passif…

La question du don a été abordée par de nombreux philosophes, psy, sociologues, théologiens, anthropologues ou autres …

Elle reste et restera un mystère infini dont on ne pourra avoir une réponse entière…

« Donner sans compter, sans attendre en retour », même si la pensée peut paraître exemplaire, serait elle une vérité humaine ?
Donner ne serait il pas une manière de compter aux yeux de l’autre ?… une manière d’exister, une manière d’être reconnue qui permettrait de faire relation et qui serait une démarche positive ?

C’est ainsi que l’on pourrait lire dans la relation : « je compte à tes yeux et tu comptes à mes yeux »
N’est ce pas ça aussi l’amour ?

L’enfant, se construit dans cette réciprocité de l’échange, tout comme l’Homme adulte, (n’en déplaise à certains courants psychanalytiques)

Les études ont montré qu’un nouveau né, n’évoluant pas dans une relation d’amour, pouvait se laisser sombrer dans la dépression jusqu’à la mort…
Le bien être de l’enfant et son développent sont donc constitués de l’échange et du don dans l’inter-relation…

Dans le couple, n’en est-il pas de même ?
Même le sourire et la tendresse appellent au don qui met « en dette »
Cette dette s’appelle parfois « reconnaissance » ou «désir de faire plaisir ». Elle passe, parfois, simplement par un merci.
Cette dernière n’est pas a être jugée car elle aussi légitime…

Comment réagirait celui qui donne un sourire à son conjoint ou à son enfant et dont ce dernier dirait :”tu te le gardes”?

Le don du sourire, du geste de tendresse, de l’écoute convoque le « faire plaisir à… »… il y a donc une attente du plaisir de l’autre….C’est la réciprocité du don…ou contre don…

N’en serait-il pas de même dans la sexualité ?
Que reste t il dans le couple, lorsque l’intimité ne s’inscrit pas dans ce don du plaisir partagé et, qu’à contrario, elle n’est que jouissance individuelle sans regard de l’altérité ?

A la fois si le don et le retour du don font partis de la relation, il semblerait aussi intéressant de savoir pourquoi on donne ?
« Ca me fait du bien de donner à mon mari » évoquait une femme… et le mari de répondre : « certes ma femme me donne mais cela ne correspond pas à mon désir… »

En ce « sens », est ce que dans cet amour de donner qui est vecteur de relation, il ne serait pas pertinent de voir si la part de don, répond aux attentes du conjoint ou, s’il s’inscrit dans un « devoir de réparation” de sa propre existence, dans un principe de “loyautés” en regard de l’éducation reçue (car tout sujet est déjà héritier des comptes familiaux) ou d’une blessure, et ce, pour se faire du bien…

Une autre question serait la capacité de pouvoir et d’accepter d’accueillir ce don.
Ce n’est pas toujours simple en fonction là aussi des valeurs, de l’éducation, des représentations de chacun, de la culture de chaque personne…

En somme, il est intéressant de constater que le don pourrait être une essence de la relation…Exister ne serait-ce pas aussi pouvoir compter pour un Autre ?
En ce “sens”, repositionner cet axiome de « donner sans compter » ne passerait–il pas, par la prise en compte de cet Autre à qui je donne et avec qui je fais relation?
On compterait donc sur un Autre pour pouvoir accueillir et offrir le don…
Ce serait donc une richesse supplémentaire de la relation (en complément du “regard sur soi”), lorsqu’elle est utilisée à bon escient…(c)

Nicolas Sajus

Doctorant/chercheur

Psychanalyste
Conseiller conjugal et familial
Sexologue

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