La qualité des soins…à quel prix?…

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Dans un contexte d’évolution des pratiques de soins, il me semble intéressant de s’interroger sur le rôle du soignant.

La globalité du patient est un des fondements de la prise en charge (c’est-à-dire assurer un bien être physique, psychique, relationnel, social, spirituel pour certains…).

Si les écrits sur la prise en charge holistique font preuves d’une grande pertinence,  représente-t-elle un leurre ou une réalité ?

En effet, c’est aussi de cette même prise en charge dont dépendent la qualité du soin, la satisfaction de la personne soignée et la reconnaissance d’une identité professionnelle.

La profession de soignant connaît de nombreuses mouvances telle la pénurie infirmière, la désertification médicale avec l’épuisement professionnel, et ce, entre autre, depuis les nouvelles gouvernances de 2007.

Face à ces nouveaux défis, qu’en est-il du patient?

L’analyse, la réflexion, le développement d’une pensée, sont autant d’éléments qui participent à la reconnaissance d’une profession.

Néanmoins là où on ne semble plus se poser de questions, émergent de nombreuses souffrances…

La démarche diagnostique permet la prise en charge globale en évaluant les retentissements d’un problème sur l’ensemble de la personne, au plan physique, psychologique, sur sa vie sociale et son devenir.On peut donc dispenser des soins personnalisés qui nécessitent, à la base une autonomie quant aux décisions à prendre, tout en tenant compte du travail en collaboration. Ceci, parait de plus en plus délicat…

Au plan sémantique, diagnostic vient du grec « diagnostikos » qui signifie : « être apte à reconnaître, discerner ».

Qu’en est-il de ce discernement actuellement ?

Qu’en est-il quand ce même diagnostic, vient asseoir une toute puissance du savoir ?

Qu’en est-il dans les soins psychiques, quand les tests ou classifications viennent enfermer le sujet dans une étiquette ?

Qu’en est-il quand on  réduit à sa pathologie ou encore à un numéro de chambre une personne ? (« la thyroïde  de la 35, l’infarctus de la 4 »).

Qu’en est-il quand les projets en regard du patient ne se parlent qu’en termes de tarifications à l’acte, de durées de séjour ?

Certes, aujourd’hui, on ne peut que reconnaître que la santé à un coût, pour autant la singularité, la valeur humaine, ainsi que la détresse, doivent elles se poser en ces mêmes mots ?

N’est-il donc pas surprenant de constater peu à peu la disparition de la personne humaine au sein même des projets de soin?

En outre, le « burn-out » ou épuisement professionnel, trouve largement sa place chez les praticiens de la relation d’aide, médicaux et paramédicaux, qui, pour certains, ne donnent plus « sens » à leur métier.

Les dernières études (2011) des suicides des médecins hospitaliers en témoignent, comme celui de l’espérance de vie professionnelle des infirmier(e)s qui oscille entre 5 et 8 ans suivant les départements en France.

Les soins techniques sont un moyen de valorisation pour le professionnel, et une manne financière certaine.

Le contexte économique, mercantile, de rentabilité est propice à cet état d’esprit.

Néanmoins cette technicité, cet empirisme scientifique – bien que nécessaire dans le cadre de l’évolution des soins et de la santé – semble s’accroître depuis des décennies au dépend de l’humain…

Aussi, comment penser la prise en charge globale du patient de nos jours ?

Que devient l’identité même d’une profession ?

Que reste-t-il des valeurs humanistes du soin ?

Ce sont autant de questions qui restent en suspend et nécessitent réflexion pour l’avenir…  ©

Nicolas Sajus

Doctorant – Chercheur – sciences de l’éducation - Psychanalyste

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